TECHNIQUES

Stratégie

 

        Premier poste.

 

Le premier endroit que nous nous apprêtons à pêcher est une sortie de plage avec un courant descendant sur têtes de roche, c'est-à-dire que l'eau subit une accélération et vient taper contre les rochers, juste le long de la plage; nous sommes en fin de marée avec très peu d'eau.

Le leurre qui donnera ici le meilleur résultat est assurément un poisson-nageur du type Jerk hait possédant une très courte bavette (Flashminnow, par exemple) et qui ne plonge pas à plus d'un mètre de profondeur maximum.

L'avantage d'un tel leurre est qu'en le travaillant canne haute, il ne descendra pas à plus de 20 cm sous la surface: passant ainsi dans la première couche d'eau, on aura toutes les chances " d'appeler " et faire mordre un bar qui se trouve dans les parages.

La couleur du poisson-nageur doit être la plus naturelle possible: argent en présence de petits alevins virevoltant près des roches, ou naturelle, c'est-à-dire dans des tons très transparents. Si l'attaque n'est pas visuelle, c'est en revanche pratiquement toujours sous la forme d'une grosse " châtaigne " que l'on prend à la touche.

 L'approche du poste doit être la plus discrète possible (c'est d'ailleurs une règle générale à observer dans les pêches du bord) et les lancers s'exécutent en éventail. L'erreur que font souvent certains pêcheurs est de se poster sur un caillou et lancer ensuite une quinzaine de fois. Trois lancers, quatre au maximum, suffisent pour faire monter un bar mordeur S'il doit taper, il attaquera presque toujours au premier passage.


L'animation du leurre est primordiale: accélération, arrêt, redémarrage, petit mouvement sec pour le faire travailler sur place et enfin redémarrage doivent se succéder. Si le " surplace " garde le leurre plus longtemps dans I'eau, accroissant ainsi les chances d'attaque, l'arrêt permet au prédateur de bien se concentrer sur sa proie pour fondre ensuite sur elle au redémarrage.

 

          Deuxième poste.

 

Le deuxième poste abordé est complètement différent. Là, il y a tout de suite du fond près du bord et un grand courant latéral passe le long d'une roche émergente (c'est le type de poste que l'on trouve fréquemment en Bretagne et parfois en Normandie); on est en fin de jusant, quasiment à l'étale de basse mer, et aucune activité n'est enregistrée. En " peignant " I'eau, tous les leurres sont possibles.


On peut aussi bien essayer les leurres de surface (type Sammy, Sunny Boat, Ziggy) que les poissons nageurs (type TD Pencil, B-Freeze), à condition toutefois qu'ils ne soient ni trop gros ni trop voyants et restent " naturels " sur et dans l'eau. Il faut bien dire que faire du bar dans ces conditions reste plutôt aléatoire, à moins de tomber sur un poisson en train de chasser et d'arriver à lui faire passer le leurre devant le nez.


Si, en revanche, l'eau frise légèrement, c'est un Jig (type Jig Minnow qui coule lentement en ondulant sur lui-même) qu'il faudra utiliser pour pêcher à courte distance. Quand on constate la présence de menu fretin près du bord, mieux vaut choisir un mini poisson-nageur (type Pointer SP). Pour prospecter plus au large, un leurre de surface assez volumineux (Zara ou Super Spook par exemple) sera le bienvenu.

 

          Troisième Poste.

 

Une grosse pointe de roche plongeant en pleine eau avec énormément de " jus ". Il y a entre 10 et 15 m de profondeur à quelques mètres du bord; la marée commence à monter et le courant est assez fort. Les bars se tiennent généralement à 2 ou 3 m de profondeur dans l'eau vive, en poste de chasse, prêts à taper dans le premier " truc " qui passera à leur portée.

Si le courant est éloigné du bord, il faut un leurre qui se lance loin. On choisira de préférence un poisson-nageur du type Jerk hait plongeant (TD Shad SS par exemple) ou LongBill Minnow (Staysee, Deep thunderstick) pour aller les débusquer.

Si la surface est couverte de vaguelettes, l'attaque d'un leurre de surface peut être envisagée: poppers, poissons à hélices et leurres du type Spook ou Sammy sont alors à essayer.


En cas de roche " crevassée " et tombant presque immédiatement dans une eau profonde (3 m au moins), les poissons peuvent aussi se tenir au ras de la paroi. La bonne technique est alors de lancer deux fois vers le large pour récupérer normalement en faisant travailler le leurre, puis d'exécuter le troisième lancer en travers pour raser la roche.

Poisson-nageur du type Jerk hait (TD Shad, B?Freeze) descendant à 1,50 m ou 2 m et poisson-nageur à vibrations pour le large conviennent parfaitement.
La couleur des leurres dépendra du temps et de l'aspect de l'eau.

Pour une eau chargée: couleur " lieu "; pour une eau sale et en présence de laminaires: couleur " tacaud "; en eau froide ou agitée: couleur " sardine "; enfin, en eau claire ou peu agitée : leurre " hyper naturel ", voire transparent. A noter enfin que la teinte nacrée donne d'excellents résultats tôt le matin et le soir.

 

          Quatrième et dernier poste.


Quatrième et dernier poste envisagé: la rivière à son estuaire. Ici, les bars passent rarement en plein milieu du lit de la rivière. Au contraire, ils longent (en remontant par marée descendante et en descendant par marée montante) les parties latérales.

C'est en plaçant un poisson-nageur plongeant (et non pas un flottant qui remonterait inévitablement à la surface) à la limite de la zone courant vif/courant ralenti qu'on a le plus de chances de réussir.

Il suffira simplement de le récupérer lentement, avec des temps d'arrêt relativement importants; cette astuce technique stabilisera le leurre et le fera nager pratiquement tout seul sur place.


Si l'on veut malgré tout tenter le courant, il faudra se tourner vers des poissons nageurs à grande bavette, du type Crank hait, qui vont taper le fond.

Autres possibilités: employer un Longbill Minnow que l'on ne ramènera pas trop vite sous peine de le déséquilibrer, un Crank hait qui tiendra mieux le fond ou un Jerk hait si la profondeur est peu importante.

En poste, on trouvera les bars dans les virages: souvent côté intérieur, la sortie du courant, mais aussi dans le contre-courant se produisant en fin de coude extérieur. La raison en est simple... l'abondance de nourriture arrivant à ces endroits là!

Dans ce cas, un poisson-nageur du type Jerk hait est tout indiqué!

 

       Bien approcher un poste.


- Par eau très claire et/ou calme, les premiers lancers doivent se faire en restant bien en retrait par rapport au bord (4 m minimum) afin de ne pas alerter un poisson " suiveur " décidé à n'attaquer le leurre que dans les derniers mètres.


- Pêcher avec des lunettes polarisantes, surtout par eau claire, permet de voir tous les cailloux sans réverbération et ainsi faire passer le leurre juste à proximité des obstacles.


- Le nombre de poissons venant voir un leurre sans s'y attaquer est plus important qu'on ne le pense. Savoir changer de leurre, pêcher en se dissimulant (accroupi, caché derrière les cailloux) et se tenir très en hauteur en travaillant canne basse (suivant le poste à aborder), voilà trois principes de base pour prendre régulièrement du poisson.

 

Les notes ci-dessus sont extraites du Magazine :

  • la PÊCHE en MER ,
  • Éditions LARIVIÈRE

 

 

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